Archives pour la catégorie Rendez-vous « bio »

Rendez-vous avec la monnaie caraïbe

La monnaie caraïbe est un petit mollusque qui vit sur les gorgones pour lesquelles elle est un prédateur. On la rencontre le plus souvent entre 2 et 15 mètres de fond.
Son nom vient du fait qu’entre le 17ème et le 19ème siècle, elle servait de monnaie d’échange aux Antilles entre les populations indigènes.

La coquille longue de 2 à 3 cm, blanchâtre ou beige, comporte à mi longueur une bosse caractéristique. Le manteau crème presque transparent, est recouvert de taches orangées, soulignées de noir, et peut recouvrir la totalité de la coquille. Il se rétracte à l’intérieur lorsque l’animal est dérangé.

Les juvéniles ressemblent en tous points aux adultes, mais avec une coquille lisse et sans bosse.

Ce petit mollusque gastéropode se nourrit exclusivement de gorgones.
La femelle pond les œufs après qu’ils aient été fécondés par le mâle.

Ne le ramassez pas, et laissez vivre ce joyau des Antilles!

D’après DORIS. Voir la fiche complète:

GOYEAU Alain, OMS Robert, PROUZET Anne in : DORIS, 28/07/2016 : Cyphoma gibbosum (Linnaeus, 1758), http://doris.ffessm.fr/ref/specie/281

Rendez-vous avec l’arbre de Noël (spirobranche)

Ce ver tubicole sédentaire mesure une dizaine de centimètres de longueur.
On le reconnait à son son panache branchial de couleurs variées. Il s’incruste dans des coraux durs massifs, depuis la surface jusqu’à environ 30 m de profondeur. Les substrats préférés sont les coraux du genre Porites, ainsi que les coraux de feu. Le ver arbre de Noël ne perfore pas le squelette du corail dans lequel il vit. Lorsqu’on l’approche sans délicatesse, ce ver rentre son panache dans son tube en une fraction de seconde. Après quelques minutes d’attente il redéploie son panache branchial.

Il s’agit d’une espèce sessile qui utilise son panache branchial pour filtrer l’eau afin d’y puiser sa nourriture. Il se nourrit principalement de phytoplancton mais, à l’approche de la maturité sexuelle, il s’alimente également de petits organismes zooplanctoniques.

La reproduction est sexuée. La fécondation, externe, a lieu dans l’eau de mer après émission des gamètes (cellules sexuelles). Les larves sont planctoniques et ont une durée de vie dans le plancton comprise entre 9 et 12 jours. Après métamorphose, les juvéniles se fixent à la surface du corail, puis construisent leur tube calcaire. Ils seront dès lors enfouis dans le squelette du corail au cours de la croissance de ce dernier où ils mèneront une vie sédentaire semblable à celle des adultes.
Il pourrait vivre jusqu’à 40 ans!

D’après DORIS. Voir la fiche complète:

LAMARE Véronique, SCAPS Patrick in : DORIS, 10/02/2017 : Spirobranchus giganteus (Pallas, 1766), http://doris.ffessm.fr/ref/specie/937

Rendez-vous avec la comatule

On rencontre la comatule dorée sur les pentes récifales entre 5 et 60 m, de préférence à l’abri des courants et de la houle.
Elle ne montre à découvert qu’une partie de ses 20 à 30 bras de couleur dominante orangée, déployés en bouquet. Le corps reste toujours à l’abri dans une éponge, une fissure de récif ou sous une roche. Adultes, les comatules dorées se regroupent volontiers à plusieurs sur le même support ou dans la même crevasse. Elles ne semblent ni rechercher ni éviter la proximité de leurs congénères.

Les bras sont constitués d’éléments calcaires empilés portant des appendices secondaires, les pinnules. La face ventrale des pinnules porte les pieds ambulacraires. Le corps lui-même est très petit (10 à 15 mm de diamètre) par rapport à la taille des bras. Il est en forme de coupe aplatie, pentagonale, La bouche est située au milieu de la face supérieure.

L’animal se fixe à son support grâce à des appendices articulés terminés par une griffe capable de résister à une forte traction.

La comatule dorée est un filtreur qui se nourrit des particules en suspens dans l’eau qu’elle capte à l’aide de ses bras armés de pinnules.

Il existe des individus mâles et des individus femelles. Les gamètes sont émis au cours d’épisodes de frai collectif. Après fécondation, les larves ciliées se dispersent en nageant pendant quelques jours puis s’installent sur le fond.
En quelques semaines les larves développent 5 bras, et les premiers cirres se détachent de leur pédoncule et commencent à se nourrir comme les adultes.
Lors du développement de l’individu, l’augmentation du nombre de bras se fait par détachement (accidentel ou volontaire) d’un bras. A l’emplacement de la cassure se développe un article ramifié où repoussent 2 bras.

Les comatules sont dépourvues de moyens de défense, mais elles ont très peu de prédateurs.

D’après DORIS. Voir la fiche complète:
PROUZET Anne, PIBOT Alain in : DORIS, 29/08/2018 : Davidaster rubiginosus (Pourtalès, 1869), http://doris.ffessm.fr/ref/specie/3002

Rendez-vous avec la Grande Crevette Nettoyeuse

Vous la verrez souvent dans des éponges. Son corps et ses grandes pinces sont poilus, et rayés rouge et blanc
Ses longues antennes blanches font deux fois la longueur du corps
La grande crevette nettoyeuse vit entre 1 et 40 mètres dans les crevasses du récif, se tenant à l’ouverture des anfractuosités ou des éponges où elle vit en couple. Sa présence est trahie par ses longues antennes blanches qui dépassent de sa cachette.

Elle se nourrit de parasites qui vivent sur les poissons. Pour ce faire, elle attire ces derniers en agitant lentement ses deux paires d’antennes blanches. Lorsque le poisson a adopté la position de nettoyage, immobilité et bouche ouverte, la crevette commence le nettoyage. Avec un peu de patience, si vous mettez doucement la main devant elles, elles viendront vous nettoyer les doigts.

Elles portent leurs œufs sur des appendices abdominaux jusqu’à l’éclosion des larves.

D’après DORIS. Voir la fiche complète:

GOYEAU Alain, GRILHE Séverine, OMS Robert, PROUZET Anne in : DORIS, 26/02/2017 : Stenopus hispidus (Olivier, 1811), http://doris.ffessm.fr/ref/specie/422

Rendez-vous avec le chatrou

Avec ses huit bras garnis de deux rangées de ventouses et ses yeux à pupilles fixes, le chatrou (poulpe) est un animal gracieux et très intelligent. Il est capable de résoudre des problèmes peu habituels, lorsqu’il doit s’alimenter, par exemple. Casanier, habitué des amas rocheux mais aussi des fonds sableux ou vaseux et des herbiers, le poulpe est attaché à un territoire où il possède son propre gîte. Vous repèrerez facilement ce dernier par l’accumulation de déchets qui en masque l’entrée.
Ses facultés mimétiques lui permettent de se confondre avec n’importe quel milieu.

Le chatrou

Les huit bras en étoile sont réunis par une membrane et forment une couronne au centre de laquelle s’ouvre la bouche avec son « bec de perroquet ». En cas d’amputation, l’animal est capable de régénérer son tentacule. La partie ventrale du manteau comporte la cavité palléale* où se trouvent les branchies. Cette cavité débouche sur un entonnoir renversé formant une sorte de tuyère qui sert à chasser l’eau de la cavité palléale sous l’effet des contractions du manteau. Le principe de réaction permet un déplacement propulsif unique dans la nature.
En cas de danger, le poulpe peut émettre un « nuage d’encre ». Beaucoup de plongeurs « traumatisent » les poulpes en jouant avec eux jusqu’à ce qu’ils projettent leur encre. À NE PAS FAIRE! Ce système de défense demande une forte dépense énergétique par l’animal. Le poulpe est joueur mais laissez-lui l’initiative!.

Le poulpe adulte atteint un poids moyen  de 3 kilos, pour une  taille d’environ 60 cm (parfois le double).

Animal carnivore, le poulpe se nourrit essentiellement de crustacés, de mollusques céphalopodes et bivalves et très rarement de poissons.

Pendant l’accouplement,  le mâle se sert de son troisième bras pour injecter ses spermatophores, La femelle pond ses œufs (100 000 à 500 000) agglomérés en une cinquantaine de grappes en les fixant au plafond de sa grotte de ponte. Elle ventilera sa ponte jusqu’à éclosion (de 24 à 125 jours), sans s’alimenter durant toute cette période. Elle meurt à la fin de l’éclosion.

D’après DORIS. Voir la fiche complète:

AUSSEL Didier, DUCASSY Jean-Marie, ANDRÉ Frédéric in : DORIS, 24/04/2018 : Octopus vulgaris Cuvier, 1797, http://doris.ffessm.fr/ref/specie/847